Etape de réjouissance en perspective : le vent annoncé à partir de midi est orienté au Nord-Ouest puis Ouest pour la fin de parcours avec bien 25 nœuds de prévu … C’est ce qu’on appelle un coup de Mistral, et donc synonyme de beaux surfs sous spi étant donné le sens du parcours. En attendant, il a fallu se lever vers 6 heures ce matin, et le temps est plutôt instable : il y a des appels de Mistral, mais le vent est perturbé par un orage en approche qui nous arrosa généreusement pendant notre transfert entre le camp et le port (donc à l’abri du véhicule). Sur les quais, un invité supplémentaire : le M34 est de retour pour continuer sa mise au point et sa démonstration en tant que futur bateau du TFV. Il fera le parcours avec nous en partant avec 4 minutes d’avance. En sortant du port, nous cassons sur BV2 une fixation des drapeaux de la course, et Martin Calmon monta rapidement dans le mât récupérer le reste des drapeaux et surtout la drisse de génois. Nous tournons quelques temps en attendant que le Mistral s’installe de façon stable, et finissons par partir avec environ 18 nœuds de vent, mais un gréement déjà « blindé » en prévision du vent plus fort. En effet, le parcours choisi nous fait naviguer un peu au-delà de la rade de Toulon, jusqu’à la presqu’île de Giens, et donc revenir ensuite sur l’arrivée au près à priori dans du « gros ». Rapidement, le vent passa au-dessus des 20 nœuds pour atteindre en environ 25 nœuds… Et la bataille des surfs commença pour notre plus grand plaisir. Mais comme le vent ne s’arrêta pas à ce niveau, c’est aussi la valse des départs au tas qui démarra… Ou malheureusement le premier démâtage pas trop loin de nous pour les américains de Groovederci. Sur une vague un peu plus difficile, notre barreur François Kunz ne parvint pas à empêcher un départ à l’abattée. Il finît alors complètement submergé, ainsi que notre pianiste Rémy Gruetter qui officie dans ces conditions en « wincheur » pour le régleur de spi Peter Perler. François y perdît veste et casquette, et Rémy vît sa brassière percuter et se gonfler. Afin de rétablir le bateau, nous avons été obligés de couper un bras de spi bloqué par un nœud, bras que nous perdrons totalement car son mousqueton (pourtant un Tylaska) a dû s’ouvrir en battant. Le spi aussi subît une petite déchirure. Après un peu de ménage et l’installation d’un nouveau bras, nous avons pu établir à la place le spi de capelage, plus petit. Ce ne fût pas un problème, car le vent continua de monter, avec des rafales à 34 nœuds, et notre vaillant Farr30 se lança dans un planning continu entre 15 et 20 nœuds… Ralenti uniquement lorsque nous rattrapons certaines vagues pour les traverser…Instants de fortes émotions que nous ne serons pas près d’oublier. Plus tard, plus très loin de l’arrivée, nous croisâmes le bateau comité pour nous annoncer l’annulation de la course. Elle avait sûrement été précédemment annoncée à la VHF, mais le vacarme ambiant dans ces conditions nous aura empêché de l’entendre. Fin de parcours en mode convoyage finalement, sous génois lourd seul au reaching, qui nous aura permis enfin de nous alimenter. Sur les quais de la Seyne sur mer, nous apprendrons que Dunkerque aura aussi démâté…Mais que ces 2 équipes pros dans leur malheur sont déjà entrain de préparer leur mât de rechange pour finir le Tour. Il nous reste encore une journée à courir en effet, avec des parcours en rade.
Martin Calmon
